Analyse · Mouvements sociaux · 19 octobre 2026

Casser, bloquer, défiler : ce qui fait vraiment plier un pouvoir

Après le 17 octobre, la violence fait-elle gagner ce que la non-violence ne gagne pas ? Un siècle de données et deux hivers français suggèrent qu'un pouvoir cède devant un coût qu'il ne peut pas absorber, et que l'opinion juge un mouvement sur la violence qu'elle lui impute. Ce que valent, dans la durée, les gains arrachés vite reste discuté.

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En une minute

L’essentiel

  1. Nous pensons que la bonne question n’est pas « violence ou non », mais « qui bloque quoi, et qui en répond ».
  2. Sur 323 campagnes menées de 1900 à 2006, celles surtout non violentes ont atteint leur but dans 53 % des cas, les armées dans 26 %. Une réplication de 2026, acceptée sous conditions, conteste que cet écart soit causal. Aucune étude citée ne donne l’avantage aux armes.
  3. Sur 65 mobilisations françaises de 1968 à 2025, codées une à une, celles qui ont connu une casse importante ont obtenu une concession à peu près aussi souvent que les autres : 78 % contre 76 %. En 2023, 7 % des Français jugeaient justifiées les violences de certains manifestants ; en 2016, 82 % estimaient que les manifestations devaient être autorisées.
  4. À Barcelone en 2016, une émeute éclate pendant une enquête d’opinion : le soutien au mouvement 15-M chute de 12 points. Après les blocages de Just Stop Oil, le soutien à l’organisation modérée Friends of the Earth gagne au contraire 2,6 points, et celui à ses objectifs 3,3 points.
  5. Au Népal, le Premier ministre démissionne le jour où le parlement brûle, le 9 septembre 2025. En Bretagne, l’écotaxe est suspendue trois jours après l’assaut du portique de Pont-de-Buis, et n’est jamais revenue.
  6. Le 7 mars 2023, l’Intérieur compte 1,28 million de manifestants contre la réforme des retraites, un record. La loi est promulguée le 14 avril.
  7. En 2023, 35,3 % des entreprises de 500 salariés et plus ont connu une grève, contre 1,2 % de celles de 10 à 49 salariés.
  8. La veille du 17 octobre, 69 % des Français approuvaient la mobilisation et 82 % jugeaient la violence jamais acceptable. Aucun sondage n’a été publié depuis.
  9. Notre proposition : une caisse de grève et des porte-parole mandatés avant le premier blocage, une revendication chiffrée que le gouvernement peut céder, la grève dans l’énergie et les transports, un service d’ordre contre la casse.

Chaque carte commence par sa conclusion, en gras.

Lexique
Registre d’action
Une manière de lutter : défilé, grève, blocage, sabotage, émeute, vote… L’article en compare neuf.
Coercition civile
Imposer un coût au pouvoir sans violence contre les personnes : grève, boycott, blocage, occupation.
Casse diffuse
Destructions et pillages dispersés, sans cible liée à la revendication.
Flanc radical
Un groupe plus radical qui agit à côté d’un mouvement modéré.
Attribution
À qui l’opinion impute la violence : au mouvement, à quelques casseurs ou au pouvoir.
NAVCO
Base de données de chercheurs (Chenoweth, Stephan) sur les grandes campagnes, violentes ou non, depuis 1900.
Réplication
Reprise d’une étude par d’autres chercheurs, pour voir si le résultat tient.
1 · Samedi

Samedi 17 octobre

Une mobilisation de masse, approuvée par une majorité de Français la veille, puis une casse dont le coût politique n'est pas encore mesuré.

La foule

Le 17 octobre, 550 000 personnes ont manifesté selon l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs.

L'appel est né sur TikTok, avant d'être repris par les lycéens, la CGT et des Gilets jaunes. Ces chiffres restent provisoires au 19 octobre, et en partie compilés par Wikipédia 1,2. La veille, 69 % des Français approuvaient la mobilisation, dont 70 % des électeurs du Rassemblement national (RN) et 75 % des ouvriers 3.

La casse

Au 19 octobre, le bilan provisoire compte 2 397 interpellations et 997 policiers et gendarmes blessés, dont 7 grièvement.

4 À Limoges, l'hôtel de ville est incendié à 17 h 56, alors que des agents s'y trouvent encore. Le bâtiment est gravement endommagé 5,6.

Les blessés, les commerces

Ni les manifestants blessés ni les commerces touchés n'ont de bilan consolidé.

Un lycéen a perdu une main à Saint-Étienne, une adolescente un œil à Mulhouse 7,8. Les commerces touchés seraient 1 500 selon la grande distribution, au moins 3 000 selon le ministre Papin 9,10.

La réponse

Le 18 octobre, le président dénonce des « factieux » mais reconnaît aux manifestants des « revendications légitimes ».

« Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé », ajoute-t-il. Il évoque des décisions avec les distributeurs de carburant et une concertation 11. Le gouvernement annonce des mesures de sécurité et des aides aux commerçants 12. L'intersyndicale appelle à la grève le 5 novembre 13.

Ce qu'on ne sait pas

On ne sait pas encore ce que la casse a coûté au mouvement dans l'opinion.

Les 69 % d'approbation viennent d'un sondage Elabe réalisé du 14 au 16 octobre, avant la journée 3. Au 19 octobre, aucun sondage publié ne mesure l'opinion depuis.

2 · La question

La mauvaise question

Ranger les modes d'action sur une seule ligne, de la lutte armée au défilé, confond deux choses que l'on peut mesurer séparément : ce qu'un moyen obtient, et ce que l'opinion en accepte.

Un seul axe

Le débat public range les modes d'action sur une seule ligne, de la lutte armée au défilé.

Sur cette ligne, la grève reconductible et la manifestation du samedi sont voisines. Leurs leviers diffèrent pourtant : une grève peut interrompre la production ; une manifestation peut peser sur l'opinion, les élections et la coalition au pouvoir. La base de référence NAVCO classe d'ailleurs grèves, boycotts et blocages parmi les actions non violentes 14.

Ce que les Français acceptent

Une large majorité accepte la manifestation et la grève ; une petite minorité justifie la violence.

En 2016, 82 % estiment que les manifestations de rue doivent être autorisées 15. En 1996, 64 % jugeaient acceptable une grève nationale contre le gouvernement 16. En 2023, 7 % jugent justifiées les violences de certains manifestants, et 28 % les disent compréhensibles sans les justifier 17. Pendant les émeutes de l'été 2023, 6 % ne condamnaient pas les violences contre les bâtiments publics 18.

Le blocage divise

Les réponses sur le blocage varient fortement selon la question posée.

En 2023, 26 % approuvent les blocages de routes par des militants écologistes, 34 % les occupations de zones à défendre, et 13 % les sabotages 19. En janvier de la même année, 57 % disent qu'ils « comprendraient que les grévistes bloquent le pays » contre la réforme des retraites 20. Le trait vertical relie ces questions ; il ne mesure pas à lui seul l'effet de l'acteur ou de la cause.

Ce qui obtient quelque chose

Dans ces 65 campagnes françaises, la fréquence des concessions est presque la même avec ou sans casse importante.

Nous avons codé 65 mobilisations contre une décision publique, de Mai 68 à septembre 2025 : moyens employés, ampleur, issue 21. Une concession significative est obtenue, entre le début de la campagne et six mois après son pic, dans 21 des 27 campagnes avec casse importante (78 %) et dans 29 des 38 autres (76 %). Pour chaque moyen d'action, les intervalles de confiance se chevauchent.

La revendication principale

La revendication principale n'est obtenue qu'une fois sur quatre ; les blocages étendus font mieux dans cet échantillon.

15 campagnes sur 65 obtiennent leur revendication principale. C'est le cas de 10 campagnes sur 24 avec des blocages étendus, de 3 sur 22 avec une grève forte, et d'aucune des 8 campagnes avec sabotage ciblé 21. Ces campagnes connues ne sont pas représentatives de toutes les mobilisations françaises, et l'ampleur de ce biais n'est pas mesurée.

À plus grande échelle

Sur des milliers de manifestations, la violence n'est pas associée à davantage de réponses conciliantes.

La base Mass Mobilization recense les manifestations de 1990 à 2020 rapportées par la presse internationale 22. En France, l'État y répond de façon conciliante, ce qui peut se limiter à recevoir les manifestants, après 10 % des manifestations sans violence et 13 % des violentes ; l'écart n'est pas significatif 23. Sur 2 087 épisodes de protestation de 1980 à 1995, un document de travail de Huet-Vaughn associe les dégradations à moins de concessions, déjà rares : 2,1 % 24.

Deux mesures

Croisées, les deux mesures séparent nettement les moyens d'action par l'opinion, beaucoup moins par les concessions.

Les campagnes avec casse importante obtiennent une concession dans 78 % des cas, celles avec violence grave contre les personnes dans 72 %, celles avec sabotage ciblé dans 50 %. Selon les questions, 6 à 20 % des Français justifient, approuvent ou ne condamnent pas ces moyens, contre 64 % pour la grève et 82 % pour la manifestation. Ce sont des associations : un mouvement choisit ses moyens selon sa force et sa cause, et l'on ne sait pas ce qu'il aurait obtenu autrement.

La zone utile

Nous pensons que la bonne question n'est pas « violence ou non », mais « qui bloque quoi, et qui en répond ».

La zone utile est celle de la contrainte que l'opinion accepte : grève, blocage, occupation, quand le public comprend qui bloque et pourquoi. Les chapitres suivants confrontent ce jugement aux données mondiales, puis à l'histoire française.

3 · Les données

Un siècle de données

Depuis 1900, les campagnes non violentes ont réussi deux fois plus souvent que les campagnes armées. Une réplication de 2026 conteste que la non-violence en soit la cause.

Le chiffre de référence

Sur 323 campagnes menées de 1900 à 2006, celles surtout non violentes ont réussi dans 53 % des cas, les armées dans 26 %.

Erica Chenoweth et Maria Stephan ont construit cette base, NAVCO 14. Étendue à 565 campagnes closes jusqu'en 2019, elle donne 51 % contre 26 % 25. Ces campagnes visent un changement de régime, l'indépendance ou la fin d'une occupation. Elles ne disent rien directement des réformes sociales en France.

Décennie par décennie

Recalculé décennie par décennie, l'avantage est net à partir des années 1960, culmine dans les années 1990, puis s'effrite.

Avant 1960, les effectifs sont trop faibles pour conclure 26. Dans les années 2010, moins de 34 % des campagnes non violentes réussissent, et 8 % des campagnes armées. Selon Chenoweth, les campagnes sont devenues plus petites et trop dépendantes des manifestations 25.

Les critiques

Les critiques réduisent l'écart ; aucune ne le renverse en faveur des armes.

Sur 26 campagnes d'Amérique centrale, succès partiels compris, Lehoucq trouve 42 % de succès non violents et 41 % de succès violents : une parité régionale 27. Anisin trouve 61 % de succès pour les campagnes accompagnées d'émeutes, 48 % pour les non violentes et 30 % pour les armées 28. Son codage est contesté 29.

La réplication de 2026

En 2026, une réplication ne retrouve un avantage significatif de la non-violence que dans 72 des 4 096 variantes du calcul, soit 1,8 %.

Crabtree et Holbein ont repris le code original ; leur article est accepté sous conditions 30,31. En avril 2026, Chenoweth reconnaît dans un erratum une « notation incorrecte » des étoiles de significativité pour trois modèles statistiques 32. Avec Stephan, elle maintient que l'ensemble des preuves reste favorable à la non-violence 33.

L'après

Cinq ans après une campagne non violente, le pays est une démocratie dans 41 % des cas ; après une campagne armée, dans 4 %.

34 La base indépendante OMG retrouve un gain démocratique après les mouvements non violents, aucun après les violents 35. Les régimes issus d'une lutte armée sont aussi les plus durablement autoritaires 36. Ce sont des associations : elles ne prouvent pas que la méthode détermine le régime qui suit.

4 · L'opinion

Ce que la violence fait à l'opinion

Les études causales convergent sur un point : la violence commise au sein d'un mouvement lui coûte du soutien. Le reste dépend de l'audience et de qui est tenu pour responsable.

Dans le mouvement

Dans ces études, quand la violence vient du mouvement lui-même, c'est le mouvement qui perd du soutien.

À Barcelone en 2016, une émeute éclate dans le quartier de Gràcia pendant une enquête d'opinion : le soutien au mouvement 15-M chute de 12 points 37. Aux États-Unis, les émeutes d'avril 1968 font passer 1,5 à 7,9 points d'électeurs blancs vers Nixon. C'est assez pour lui donner l'élection dans trois simulations sur quatre 38.

Le défilé

Les manifestations pacifiques déplacent des votes, de l'ordre d'un à deux points.

Wasow trouve 1,6 à 2,5 points de vote démocrate en plus après les manifestations non violentes des années 1960 38. Les rassemblements du Tea Party de 2009 ajoutent 1,55 point à la part républicaine des voix par circonscription 39. Ceux de Black Lives Matter, très majoritairement pacifiques 40, ajoutent 1,2 à 1,8 point au vote démocrate 41. Ces effets électoraux ne disent pas ce que le mouvement obtient sur sa revendication.

Le flanc radical

Un groupe radical bien distinct peut faire gagner des soutiens aux modérés.

Dans des expériences, la présence d'un flanc radical séparé augmente d'environ 4 points le soutien au groupe modéré 42. Une réplication retrouve l'effet, plus fragile dans une seconde étude 43. Après les blocages de Just Stop Oil, le soutien à Friends of the Earth augmente de 2,6 points, et celui à ses objectifs de 3,3 points 44. Le groupe qui emploie les tactiques extrêmes, lui, perd du soutien 45.

L'audience

Une émeute peut faire avancer une cause localement, sans que ce soit une règle.

À Los Angeles, l'émeute de 1992 augmente de 4,9 points le soutien au financement des écoles publiques 46. À Londres, après les émeutes de 2011, le maire sortant perd 1,5 à 2,2 points près des sites touchés 47. Barcelone est pourtant, elle aussi, une audience locale, et elle a sanctionné le mouvement.

Ce qu'il faut retenir

Ces études désignent un enjeu décisif : à qui le public impute la violence.

La violence interne coûte du soutien ; un flanc radical bien distinct peut en rapporter aux modérés ; l'effet dépend de l'audience. Certaines de ces études utilisent la pluie comme hasard naturel, une méthode dont Mellon a montré les limites 48. Sur 106 campagnes, celles qui ont un flanc violent réunissent en moyenne environ 50 000 participants, contre 100 000 sans 49. Le 17 octobre, la casse a eu lieu dans les cortèges, devant une audience nationale 1 ; son effet sur le soutien au mouvement reste à mesurer.

5 · Deux hivers

Deux hivers français

En 2018, les Gilets jaunes, moins nombreux, obtiennent des concessions. En 2023, le mouvement contre la réforme des retraites, plus nombreux, échoue. Deux histoires, pas une preuve de cause.

17 novembre 2018

Le 17 novembre 2018, 287 710 personnes occupent ronds-points et péages, selon l'Intérieur.

50 Le mouvement est parti des taxes sur le carburant. Trois jours plus tôt, 73 % des Français l'approuvaient déjà 51.

1er décembre

Le 1er décembre, l'Arc de Triomphe est saccagé ; quatre jours plus tard, 72 % des Français approuvent toujours le mouvement.

Après de premières violences le 24 novembre, la journée fait 133 blessés et donne lieu à 412 interpellations à Paris 52,53. L'approbation a perdu trois points en une semaine. Dans le même sondage, 82 % condamnent les violences et 37 % disent les comprendre 54. Ces 72 % ne disent pas ce qu'aurait été le soutien sans l'émeute.

4 et 10 décembre

En six jours, le gouvernement suspend la hausse des carburants, y renonce, puis annonce environ 10 milliards d'euros de mesures.

Le moratoire est annoncé le 4 décembre, l'abandon pour 2019 le 5 55,56. Le 10, le chef de l'État annonce une hausse de la prime d'activité, la défiscalisation des heures supplémentaires et l'annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les petites retraites 57,58. C'est l'argument le plus solide de ceux qui pensent que la violence paie : la concession est réelle et rapide, mais la part de l'émeute est impossible à isoler.

L'érosion

Le soutien s'érode ensuite au fil des samedis, jusqu'à 53 % en mars 2019.

Les cortèges fondent de moitié dès le 15 décembre 50,59. L'approbation passe de 73 % le 11 décembre à 60 % début janvier, puis à 53 % après le saccage des Champs-Élysées du 16 mars 60,61. Cette érosion accompagne la répétition de la casse, sans qu'on puisse la lui imputer seule. Le mouvement n'obtient ni le référendum d'initiative citoyenne (RIC) ni le retour de l'impôt sur la fortune.

Janvier-mars 2023

Contre la réforme des retraites, 1,28 million de personnes manifestent le 7 mars 2023 selon l'Intérieur, un record.

62 De fin janvier au 20 mars, 64 à 68 % des Français approuvent la mobilisation, selon Elabe 63. À la mi-mars, les deux plus grandes raffineries du pays sont à l'arrêt 64.

16 mars : 49.3

Le 16 mars, le gouvernement engage sa responsabilité par l'article 49.3 ; le 20, la motion de censure échoue à neuf voix.

65 La réforme est ainsi adoptée sans vote. Les grévistes des raffineries sont réquisitionnés ; le tribunal administratif de Rouen suspend une réquisition le 6 avril, trop tard 66. Le soutien, lui, bouge à peine : 67 % la veille du 49.3, 65 % le 20 67,63.

Promulgation

La loi est promulguée le 14 avril 2023, malgré la mobilisation.

68,69 Le 23 mars, 903 feux sont recensés à Paris ; le bilan national compte 457 interpellations et 441 policiers et gendarmes blessés 70. En octobre 2025, le gouvernement annonce la suspension de la réforme pour obtenir la non-censure du Parti socialiste 71 ; le décalage s'applique aux pensions à partir du 1er septembre 2026 72. Rien ici ne prouve qu'un blocage plus large l'aurait fait retirer.

6 · Quand ça a payé

Quand la violence a payé

Dans sept cas retenus parce que la violence a été suivie d'une concession, celle-ci arrive vite, souvent sur un texte ou une crise déjà mûrs. Cas choisis sur le résultat : ils montrent des conditions, pas une fréquence.

La vitesse

Quand la violence a payé, la concession est venue en quelques jours.

Au Népal, le parlement brûle le 9 septembre 2025 et le Premier ministre démissionne le jour même 73. En Bretagne, l'écotaxe est suspendue trois jours après l'assaut du portique de Pont-de-Buis 74. Au Kenya, en 2024, la loi de finances est retirée le lendemain de l'assaut du parlement 75. Aux États-Unis, la Chambre adopte le Fair Housing Act pendant les émeutes d'avril 1968, mais le Sénat l'avait déjà voté en mars 76.

La durée

Ce que ces concessions deviennent ensuite varie d'un cas à l'autre.

Au Kenya, une nouvelle loi de finances contestée est votée le 18 juin 2026, après le retrait de plusieurs taxes en commission 77,78,79. Au Chili, deux projets de Constitution sont rejetés, puis José Antonio Kast est élu 80,81. En Indonésie, la concession est suivie d'une forte répression 82. En France, l'écotaxe n'est jamais revenue 83.

Après les soulèvements

Après les soulèvements de la génération Z, les issues politiques divergent.

Au Népal, aux élections de mars 2026, le parti RSP remporte la majorité absolue, avec 182 sièges sur 275 84. Au Bangladesh, le BNP obtient la majorité en février 2026 ; le parti issu du soulèvement ne remporte que 6 sièges 85. À Madagascar, la révolte débouche sur une junte 86. Au Maroc, 2 480 personnes sont poursuivies 87.

6 · Les conditions

Les conditions des victoires rapides

Dans ces cas, les victoires rapides réunissent une masse majoritaire et une cible que le pouvoir peut céder. Le 17 octobre a la masse, pas la cible. Six conditions, codées dans une grille détaillée en fin d'article.

Bonnets rouges

Avant l'assaut du portique, les Bonnets rouges réunissaient déjà au moins quatre des six conditions.

La cible est cessible : le portique est l'instrument même de la taxe, et le pouvoir peut y renoncer. Patronat, agriculteurs et syndicats s'allient, devant une audience régionale 74. Dix jours avant l'assaut, le gouvernement avait annoncé un pacte d'avenir pour la Bretagne, signé pour près de deux milliards d'euros 88.

Gilets jaunes, Kenya

Les Gilets jaunes et les manifestants kényans avaient la masse, mais personne pour négocier en leur nom.

Leurs revendications dépassaient la mesure fiscale qui les avait déclenchées. Selon Chenoweth et Cebul, l'absence de dirigeants coûte en pouvoir de négociation 89. Au Kenya, 60 personnes meurent en un mois de manifestations, selon la commission nationale des droits humains 90. Cette absence ne prouve pas, à elle seule, que leurs gains aient moins duré.

Népal, 17 octobre

Le 17 octobre ne réunit que deux conditions sur six : la masse et un pouvoir sans majorité.

Au Népal, la violence d'État est venue d'abord : la police tue au moins 19 manifestants le 8 septembre, la veille de l'incendie du parlement 91. Le 17 octobre, les cibles, boutiques, mairies, médias, n'ont pas de lien avec la vie chère. L'appel est horizontal, sans organisation pour négocier, et l'audience nationale 1,7. Le mouvement n'a ni cible cessible, ni organisation, ni capacité de blocage vérifiée.

Le noyau

Dans ces cas, les victoires rapides ont deux points communs : une masse majoritaire et une cible que le pouvoir peut céder.

Un pouvoir divisé ou dépendant les facilite. En octobre 2025, l'exécutif a dû obtenir la non-censure du Parti socialiste en suspendant la réforme des retraites 92,71. Mais des pouvoirs fragiles ont tenu en 2016 et en 2023.

7 · Depuis 1968

Ce qui a fait plier, depuis 1968

Dans les neuf grandes mobilisations françaises retenues depuis 1968, les cortèges les plus nombreux n'ont pas toujours obtenu de concession. Les victoires s'accompagnaient de grèves ou de blocages.

Neuf mobilisations

Depuis 1968, les cortèges les plus nombreux n'ont pas toujours gagné.

Mai 68 et le mouvement contre le contrat première embauche (CPE) ont gagné. 1995 et les Gilets jaunes ont obtenu des concessions partielles. 2010, 2016 et 2023 ont perdu, malgré un record de manifestants en 2023. La réforme de 2019-2020 a été suspendue par le Covid 93,94,95,96,97,98,69. Neuf cas ne permettent pas d'estimer le rôle propre du nombre de manifestants.

Ceux qui ont bloqué

Les victoires de 1968, 1995 et 2006 s'accompagnaient d'un blocage : de la production, des transports ou des universités.

En Mai 68, sept à dix millions de salariés font grève selon les estimations, et le salaire minimum (SMIG) est relevé de 35 % 93. En 1995, trois semaines de paralysie des transports précèdent le retrait du volet retraites 95. En 2006, soixante universités sont bloquées ou perturbées avant le retrait du CPE 99,94. Sophie Béroud date de 1995 le dernier mouvement à avoir combiné masse et grèves reconductibles 100,101. L'échantillon ne prouve pas que ces blocages étaient nécessaires.

Ceux qui ont perdu

Les défaites de 2010 et 2016 ont un point commun : un gouvernement capable d'attendre.

En 2010, les raffineries bloquées sont réquisitionnées 102,96. En 2016, la police procède à près de 1 800 interpellations, et le gouvernement recourt trois fois à l'article 49.3 103,97.

2023

En 2023, la grève a touché peu d'entreprises, et le gouvernement a disposé de procédures constitutionnelles pour passer outre.

Cette année-là, 2,7 % des entreprises privées non agricoles d'au moins dix salariés ont connu une grève. Elles employaient 25,8 % des salariés de ce périmètre ; les journées de grève ont augmenté de 73 % par rapport à 2022 104. Le 49.3 permet une adoption sans vote, sauf censure 105. L'article 47-1 fixe des délais d'examen aux lois de financement de la Sécurité sociale 106.

7 · La grève

Où la grève existe encore

La grève n'a pas disparu : elle est concentrée dans les grandes entreprises et les transports, et elle coûte cher à tenir.

Grandes et petites entreprises

En 2023, 35,3 % des entreprises de 500 salariés et plus ont connu une grève, contre 1,2 % de celles de 10 à 49 salariés.

En 2024, année sans conflit national, la proportion reste de 23,4 % dans les grandes entreprises 104,107. Le taux moyen de 2,7 % masque cette concentration.

Le coût

Tenir une grève coûte cher, et les caisses de grève restent modestes.

En 2023, les transports comptent 894 journées de grève pour 1 000 salariés, contre 171 en moyenne 104. Une caisse de grève citée par la presse avait collecté 2,5 millions d'euros en mars 2023 108,109. À 31,25 euros par jour et par gréviste, cela finance 4 000 grévistes pendant vingt jours, selon notre calcul.

8 · L'histoire ouvrière

Bloquer, quand le pouvoir est divisé

Douze séquences de 1920 à 2026 : la capacité de blocage, la division du pouvoir et l'organisation pèsent, mais aucune ne prédit seule l'issue.

1920-1968

Dans les quatre conflits retenus de 1920 à 1968, la CGT est présente ; c'est le pouvoir en face qui change.

En 1920, les cheminots ne parviennent pas à bloquer la circulation, et un Bloc national uni en révoque environ 18 000 110,111. En 1948, les mineurs perdent face à la Troisième Force, coalition soudée au pouvoir 112. En juin 1936, la grève gagne face à un gouvernement allié 113. En Mai 68, elle gagne face à une majorité ébranlée, qui triomphe pourtant aux élections de juin 93,114.

1980-2006

Un pouvoir divisé aide un mouvement, mais une paralysie suffisante peut s'en passer.

À Gdańsk, en 1980, un parti divisé cède ; l'état de guerre écrase ensuite Solidarność, qui ne l'emporte qu'en 1989 115,116,117. En Corée du Sud, en 1987, une vague de grèves face à un régime en transition étend le syndicalisme indépendant 118. En France, 1995 obtient le retrait partiel du volet retraites face à une majorité écrasante ; le CPE tombe devant une majorité divisée 95,94.

2010-2023

Les trois dernières défaites montrent qu'un pouvoir divisé ne suffit pas.

Le mouvement perd en 2010 face à une majorité homogène, en 2016 face à un gouvernement sans majorité, en 2023 face à une majorité relative 96,97,65. Un pouvoir fragile mais armé du 49.3 peut tenir 105.

17 octobre 2026

En octobre 2026, l'exécutif n'a pas de majorité absolue ; la capacité de blocage du mouvement reste à établir.

La dépendance parlementaire du gouvernement reste à documenter 92,71. Le mouvement, lui, n'a ni capacité de blocage vérifiée, ni organisation capable de signer un accord.

9 · La coalition

La coalition du 17 octobre

La veille, la mobilisation était approuvée bien au-delà de la gauche. La même enquête montre que la violence est rejetée par une large majorité, y compris parmi ceux qui approuvent.

69 %

La veille du 17 octobre, 69 % des Français approuvaient la mobilisation, de la gauche au Rassemblement national.

Ce total additionne 36 % de soutien et 33 % de sympathie. L'approbation atteint 83 % chez les électeurs du Nouveau Front populaire (NFP), 70 % chez ceux du RN, 51 % chez ceux d'Ensemble et 75 % chez les ouvriers 3,119. 65 % veulent se mobiliser sans attendre la présidentielle de 2027.

82 %

Dans la même enquête, 82 % des Français jugent la violence jamais acceptable pour défendre une revendication.

C'est 86 % chez les électeurs RN et 67 % chez ceux du NFP 119. Au moins 51 % des adultes approuvent donc la mobilisation tout en rejetant la violence (69 + 82 − 100) ; c'est un minimum calculé, pas une mesure. Une autre enquête, réalisée avant le 17 octobre, relève 84 % de soutien aux forces de l'ordre 120.

Après la casse

Un premier sondage publié après le 17 octobre ne suffira pas à mesurer le coût de la casse.

En 2018, l'approbation des Gilets jaunes avait à peine bougé après le saccage de l'Arc de Triomphe : 72 % quatre jours plus tard 54. Elle s'est érodée ensuite, au fil des samedis, jusqu'à 53 % en mars 61. Cette évolution ne permet pas, à elle seule, d'isoler l'effet de la casse.

9 · L'attribution

La bataille de l'attribution

À qui l'opinion impute la violence se décide en quelques heures, entre la rue, les chaînes d'information et les réseaux. Schéma de lecture, pas une mesure.

La rue et la police

Ce que filment les caméras dépend aussi de la façon dont la police tient la rue.

Sur les réseaux sociaux, les contenus chargés d'émotion morale circulent davantage 121. Une force perçue comme frappant sans distinction rapproche les modérés des radicaux 122,123. Le Défenseur des droits a recommandé de retirer le lanceur de balles de défense (LBD) des opérations de maintien de l'ordre 124. Le Conseil d'État a annulé une partie du schéma national du maintien de l'ordre 125.

Le 18 octobre

Les 18 et 19 octobre, les maires puis le ministre de l'Intérieur lui-même mettent en cause le maintien de l'ordre.

Le 18, l'Association des maires de France dénonce « l'échec de la doctrine d'emploi des forces de l'ordre » 126. Le 19, Laurent Nuñez admet « une perte de contrôle » et une sous-estimation d'un facteur 2,5 127. À Limoges, 7 000 personnes défilent le 18 octobre, au lendemain de l'incendie de l'hôtel de ville 5,128.

Les chaînes

Dès le 17 au soir, les chaînes d'information diffusent les images de la casse en boucle.

Ce jour-là, le siège de CNews avait lui-même été visé 129. Télévision et plateformes se reprennent l'une l'autre, et la première image cadre les suivantes 130. Le lendemain, 16,7 millions de téléspectateurs regardent l'allocution présidentielle 131.

Les mots

Dès le 18 octobre, la casse fournit ses mots à l'adversaire : « factieux », « il faut dissoudre La France insoumise ».

11,132 En novembre 2005, pendant les émeutes, Nicolas Sarkozy avait gagné 11 points de jugements favorables 133 : un gain de popularité, pas de voix. Judith Butler décrit cette bataille des mots, où l'État qualifie de violent ce qui le gêne 134.

Les plateformes

Le mouvement est né sur TikTok, un réseau où les jeunes passent beaucoup de temps.

1 En 2024, les utilisateurs de 12 à 17 ans y passaient environ 1 h 21 par jour, selon l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel et du numérique 135. Anton Jäger appelle « hyperpolitique » cette politisation intense mais sans organisation 136.

Ce qu'on en tire

Un mouvement qui veut garder l'opinion doit éviter de fournir les images de la casse, et diffuser les siennes en premier.

Cela suppose des porte-parole, des images préparées et une documentation des violences policières. L'encadrement des cortèges ouvriers remonte au moins à 1909 137, et François Audigier a retracé l'histoire des services d'ordre militants 138. Le 17, la CGT dit avoir condamné les violences immédiatement 139.

10 · La proposition

Notre proposition

Cinq étapes d'ici avril 2027, et trois signaux qui devraient nous faire changer d'avis. Calendrier indicatif.

Constituer

Avant le premier blocage, le mouvement a besoin de porte-parole mandatés et d'une caisse de grève publique.

Nous pensons qu'un mouvement doit avoir des représentants capables de promettre, d'arrêter une grève et de signer un accord. Chenoweth et Cebul notent que l'absence de dirigeants coûte en pouvoir de négociation 89. La coalition peut réunir l'intersyndicale, les lycéens, des Gilets jaunes et des agriculteurs, en restant autonome des partis.

Revendiquer

La revendication doit être chiffrée et adressée à qui peut la céder.

Nous écartons la démission du président, que le gouvernement ne peut pas accorder, au profit d'une à trois mesures calées sur le budget 2027.

Bloquer

La grève doit porter là où l'arrêt coûte : énergie, raffineries, transports, logistique.

L'intersyndicale a déjà appelé à la grève le 5 novembre 13. Selon Tendance Ouest, la raffinerie TotalEnergies de Normandie fournit 12 % des carburants vendus en France 140. Les blocages doivent être brefs, annoncés et non violents.

Tenir dans la durée

Nous proposons de financer des grèves que les salariés peuvent tenir plusieurs semaines.

À 31,25 euros par jour et par gréviste, 2,5 millions d'euros financent 4 000 personnes pendant vingt jours, selon notre calcul ; il faut donc plusieurs caisses, constituées tôt. Dans les services publics, les arrêts par roulement sont interdits 141 ; la grève doit y être organisée en conséquence.

Tenir la rue

Le mouvement doit se doter d'un service d'ordre et condamner publiquement, sans délai, la casse et les atteintes aux personnes.

Cela passe par la désescalade avec la police, l'isolement des pilleurs et des images tournées par le mouvement lui-même. Il faut documenter aussi les violences policières. L'objectif est de rester un interlocuteur avec qui l'État peut négocier.

Le droit

Le droit tolère certains blocages brefs, au cas par cas.

En janvier 2026, la Cour de cassation a confirmé la relaxe de militants qui avaient bloqué l'autoroute A6 pendant trente minutes. L'arrêt prévoit un contrôle concret de proportionnalité quand l'atteinte à une liberté est invoquée ; il ne constitue pas un sauf-conduit 142.

Convertir

D'ici avril 2027, la rue doit obtenir des engagements écrits, sans se soumettre à un parti.

Le mouvement peut demander des engagements écrits aux candidats et des amendements au budget, ou lancer un référendum d'initiative partagée. 65 % des Français veulent se mobiliser sans attendre 2027 3.

Ce qui nous ferait changer d'avis

Trois signaux devraient faire réviser cette proposition.

Une enquête qui montrerait que la casse du 17 octobre n'a pas coûté de soutien au mouvement, ou une concession dont le lien avec la violence serait établi. Une répression qui fermerait les voies légales. Une grève devenue matériellement impossible : il faudrait alors se tourner vers le boycott et les recours, pas vers l'escalade.

Les objections les plus fortes, et ce que les données permettent d'y répondre.

Les gains arrachés par la violence ne durent jamais : Kenya, Chili, Gilets jaunes.

Les cas divergent, et aucune comparaison contrôlée ne tranche.

Au Kenya, une nouvelle loi de finances est votée deux ans plus tard 77 ; au Chili, deux projets de Constitution sont rejetés 80. Cela ne prouve pas qu'un acquis a été retiré. L'écotaxe n'est jamais revenue 83. Après décembre 2018, le bonus individuel de la prime d'activité est passé de 70 à 160 euros en 2019 143. Le RIC, jamais obtenu, n'a pas été perdu.

La génération Z a renversé des gouvernements en quelques jours : pourquoi pas ici ?

Les situations ne sont pas comparables, et les suites divergent.

Au Népal, la violence d'État a précédé l'émeute 73. Les suites divergent : des élections au Népal et au Bangladesh, une junte à Madagascar 84,85,86. Chenoweth et Cebul en tirent une leçon : ce qui compte est le mouvement organisé dans la durée, pas le moment insurrectionnel 89.

Le sabotage ciblé est plus efficace que la grève : les Bonnets rouges l'ont prouvé.

Pont-de-Buis est un cas choisi parce qu'il a réussi.

L'assaut réunissait une cible qui était l'instrument même de la taxe, une coalition régionale et un pacte déjà annoncé 74,88. En 2023, Odoxa interroge les Français sur les sabotages écologistes d'infrastructures et d'exploitations agricoles : 13 % les approuvent, 85 % les désapprouvent. 73 % acceptent qu'on emploie contre leurs auteurs les moyens de l'antiterrorisme 19,144.

Le blocage aussi est impopulaire : il fera fuir ceux qui approuvaient la mobilisation.

C'est un vrai risque.

Un blocage peut coûter du soutien à la revendication 145. En 2023, 72 % des Français désapprouvaient les blocages de routes par des militants écologistes 19. Mais en janvier 2023, 57 % disaient qu'ils « comprendraient que les grévistes bloquent le pays » contre la réforme des retraites 20. Les deux sondages portent sur des causes et des acteurs différents, sans mesure directe de l'effet d'un blocage sur la mobilisation de 2026.

Méthode

Comment cet article a été fait

Neuf étapes, de la recherche documentaire à la mise en page : sept modèles notent, un arbitre tranche, une rédaction hors panel écrit.

Sans dossier, les modèles montrent ce qu'ils pensent sans nous. Avec le dossier, ils montrent ce qu'il change. Après débat, ils montrent ce qui résiste à la contradiction.

Dans le corps de l'article, la carte du chapitre 2 repose sur des mesures : sondages d'opinion et campagnes françaises codées (voir « Les mesures de la carte »). Les notes du panel, qui la constituaient dans une première version, sont présentées ci-dessous pour comparaison. La proposition (chapitre 10) est celle de la rédaction : elle retient les points sur lesquels les sept propositions du panel convergeaient. Les résultats détaillés du panel suivent.

Méthode

Les mesures de la carte

Comment ont été construites les deux mesures du chapitre 2, et ce qu'elles ne disent pas.

L'opinion

L'axe vertical rapproche plusieurs indicateurs : approbation, justification, autorisation, participation passée ou envisageable, compréhension, absence de condamnation. Aucune enquête ne compare tous ces moyens avec une question commune ; les différences de verbe, d'acteur, de cause et de date empêchent d'établir un classement précis. Le trait vertical relie les valeurs de questions distinctes : ce n'est ni un intervalle de confiance ni une échelle validée.

Les campagnes françaises

Nous avons examiné 67 mobilisations contre une décision publique, de Mai 68 à septembre 2025, en partant des plus connues puis en ajoutant celles que les codeurs signalaient comme manquantes. Chacune a été codée selon une grille commune : intensité de la grève et du blocage, niveau de casse, violence contre les personnes, sabotage ciblé, lutte armée, ampleur, soutien, majorité au pouvoir, issue 21.

Les taux sont accompagnés d'un intervalle de confiance à 95 % (méthode de Wilson). Avec 8 à 27 campagnes par groupe, ces intervalles sont larges.

Ce que ces mesures ne disent pas

Méthode

Les notes du panel

Les sept modèles ont noté 26 affirmations de −3 (faux) à +3 (vrai). Après débat, aucune n'oppose deux modèles de signes contraires.

Accords

Après débat, aucune des 26 affirmations n'oppose deux modèles de signes contraires.

149 Le coût de la violence interne au mouvement est noté +2 par les sept, aux trois tours. La supériorité de la résistance civile sur la lutte armée est notée +2 par tous ; son caractère causal, négativement par tous 147,148,149.

Désaccords

Les désaccords portent sur la durée des concessions rapides, la génération Z et le sabotage.

La moindre durabilité des concessions rapides est notée de 0 à +2 ; les changements durables produits par les soulèvements de la génération Z, de −2 à 0. L'efficacité du sabotage ciblé va de 2 à 6 sur 10 149. Ce sont les questions où la preuve est la plus mince.

Ce que vaut cet accord

Un accord entre modèles n'est pas une preuve.

Ils partagent une large part de leurs données d'entraînement, et leurs erreurs peuvent être corrélées. Ils ont lu le même dossier, et une formule a circulé de l'un à l'autre pendant le débat 149. Cet accord indique la lecture dominante des sources ; les preuves de l'article restent les études et les données citées.

Méthode

L'effet du dossier et du débat

Pour chaque affirmation, la médiane des sept modèles sans dossier, avec le dossier, puis après débat.

Peu de mouvement

Sans dossier, les médianes étaient déjà à un point près de celles obtenues après débat.

147,149 Aucune n'a changé de signe. Entre le dossier et le débat, chaque modèle déplace ses notes de 2 à 6 points au total, sans révision de 2 points ou plus sur une même affirmation 149. Avec une seule réponse par modèle et par tour, ces écarts sont indicatifs.

Ce qui a bougé

Le dossier a surtout fait baisser des certitudes.

Avec lui, la supériorité de la résistance civile passe de +3 à +2, et le profit électoral de l'extrême droite en 2027 de +2 à +1. L'effet local des émeutes et le rôle d'un pouvoir divisé montent de +1 à +2. Après débat, le rôle de la doctrine policière et celui des écrans passent de +2 à +1 147,148,149.

Le sabotage et l'émeute

Sur le sabotage et l'émeute, le dossier a fait monter les notes d'efficacité : ce sont les moins fiables.

La médiane du sabotage était de 3 sans dossier ; elle passe à 5 après lecture d'une grille qui le classait juste derrière la grève. L'émeute passe de 3 à 5, puis redescend à 4 après débat 147,146. Ces deux notes ne sont plus utilisées dans l'article : la carte du chapitre 2 repose désormais sur des mesures.

Méthode

Les registres, modèle par modèle

Neuf registres notés de 0 à 10 par chacun des sept modèles, après débat, à comparer avec les mesures du chapitre 2.

Efficacité

En efficacité, la grève mène à 7, devant le blocage à 6 ; le sabotage et le vote suivent à 5.

149 Le sabotage va de 2 chez GPT‑6.1 Sol à 6 chez Grok 4.6 et DeepSeek v4.1.

Durabilité

En durabilité, le vote mène à 8, devant la grève à 7.

Le blocage et les institutions parallèles sont à 6 ; l'émeute tombe à 3, la casse à 2 149.

Légitimité

En légitimité, le défilé et le vote sont à 9, la grève à 8, le blocage à 7.

Le sabotage tombe à 4, l'émeute à 3, la casse à 1, la lutte armée à 0. Aucun modèle ne donne plus de 4 à un registre violent, ni moins de 6 au blocage 149.

Méthode

Les erreurs, vérifiées par l'arbitre

Les verdicts de l'arbitre, extérieur au panel, sur les erreurs commises et les accusations lancées par chaque modèle.

Les accusations

Au débat, les modèles se sont lancé 45 accusations d'erreur ; l'arbitre en juge 17 fondées, 9 partielles et 19 infondées.

150 GPT‑6.1 Sol commet une seule erreur mineure en trois tours. Muse Spark 1.3 et DeepSeek v4.1 en cumulent huit chacun, dont trois et une reprises du dossier. Gemini 4 Argon en compte six, plus deux affirmations invérifiables.

Les erreurs du dossier

Le dossier commun contenait lui-même deux erreurs, corrigées avant la rédaction.

Il présentait à tort comme « sans source » le chiffre de 13 % de Français approuvant les sabotages écologistes, qui vient d'un sondage Odoxa de 2023 19,144. Il attribuait à l'Intérieur 25 800 blessés chez les Gilets jaunes, une estimation des street-medics ; l'Intérieur comptait 2 495 manifestants et 1 944 agents blessés 157,158.

Méthode

Les questions posées

Le texte exact soumis aux sept modèles, identique pour tous.

Le contexte donné aux modèles. « nous sommes le 19 octobre 2026. Le 17 octobre, une journée « contre la vie chère » (550 000 manifestants selon l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs ; 69 % d'approbation la veille) a été marquée par des pillages et l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges (bilan dans le dossier). Présidentielle en avril 2027. La question de fond : quels registres d'action (lutte armée, émeute/casse, sabotage ciblé, désobéissance civile/blocage, grève/boycott, manifestation, voie électorale/juridique, institutions parallèles) font réellement plier un pouvoir, en démocratie, et que devrait faire un mouvement en France d'ici avril 2027 ? »

Consigne générale. Chaque modèle répondait en son nom propre, sans rôle, en sachant que ses réponses seraient comparées à celles des six autres, soumises à leur critique, puis vérifiées. Il lui était demandé de dire ce qu’il pense vraiment, y compris si c’est minoritaire, de ne rien inventer et de marquer « [à vérifier] » ce dont il n’était pas sûr.

Première partie : 26 affirmations, chacune notée de −3 (totalement faux) à +3 (totalement vrai), 0 signifiant incertain, avec une confiance de 0 à 100.

A · Ce que dit l’histoire

B · L’opinion et le vote en démocratie

C · Les concessions rapides

D · Grève, blocage, organisation

E · Le droit et la légitimité

F · Le maintien de l’ordre

G · Les écrans et l’attribution

H · L’électorat et 2027

I · La génération Z et le Sud global

J · Le 17 octobre et la stratégie

Deuxième partie : neuf registres d’action, chacun noté de 0 à 10 sur trois critères : efficacité à six mois en France, durabilité du gain, légitimité. Les registres : lutte armée ; casse et pillage diffus ; émeute adossée à une mobilisation de masse ; sabotage ciblé ; blocage, occupation et désobéissance civile ; grève et boycott ; manifestation « rituelle » ; voie électorale et juridique ; institutions parallèles (caisses, assemblées, cantines).

Troisième partie : dix réponses argumentées, une par thème (A à J), de 80 à 160 mots chacune : la position du modèle, ses deux à quatre meilleures preuves (auteur, année, revue ou éditeur, chiffre exact, lien si possible) et le meilleur argument contre sa propre position.

Quatrième partie : une proposition de 220 mots au plus : ce qu’un mouvement social en France devrait faire concrètement d’ici avril 2027 (organisation, registre, cibles, revendication, garde-fous) et la condition qui ferait changer d’avis le modèle. Puis un verdict d’une phrase.

Au tour 2, chaque modèle recevait en plus les réponses complètes des six autres, anonymisées et mélangées, la sienne étant signalée. Il devait : réfuter le meilleur argument adverse sur les quatre affirmations où il était le plus en désaccord avec le panel ; signaler jusqu’à six erreurs factuelles, sources douteuses ou raisonnements fallacieux chez les autres ; dire honnêtement ce qui l’avait fait changer d’avis, ou « rien » ; redonner toutes ses notes, en justifiant chaque changement de 2 points ou plus ; réviser son verdict. Consigne explicite : ne chercher ni le consensus ni la contradiction pour elle-même.

Le dossier du tour 1 comprenait un rapport de recherche sourcé (bases de données mondiales, études causales, cas historiques et français, soulèvements récents), des séries chiffrées vérifiées (Gilets jaunes acte par acte, retraites 2023 journée par journée, 17 octobre 2026, repères de 1968 à 2026, tailles d’effet), et la liste des affirmations déjà démontrées fausses. Le rapport comportait ses propres conclusions et une grille de notation des registres : c’est ce qui explique l’ancrage mesuré sur certaines notes (sabotage, émeute), et la raison d’être du tour 0, sans dossier.

Précisions et limites

Accès aux modèles GPT‑6.1 Sol et Claude Fable 5.1 ont répondu aux tours 0 à 2 via OpenRouter. Ils ont ensuite relu l'article via leurs accès natifs, Codex et sous-agent. Les cinq autres ont tout fait via OpenRouter, avec la même recherche web.

Une réponse par modèle et par tour - Variabilité. Une réponse par modèle et par tour : la variabilité d'un tirage à l'autre n'est pas mesurée. Les déplacements de 2 ou 3 points sont indicatifs. - « Signes opposés » signifie au moins une note positive et une négative sur la même affirmation.

Les cas et les conditions - Sept cas dans « Quand la violence a payé » : des concessions obtenues moins de trente jours après un épisode violent. Ils s'étalent de 1968 à 2025. Deux exemples : l'accord chilien du 15 novembre 2019 et le retrait indonésien du 31 août 2025 159,160. Choisis sur le résultat, ils décrivent des conditions, sans valeur de taux. - Six conditions dans « Les conditions des victoires rapides » : - Cible liée à la mesure et facile à céder. - Masse déjà majoritaire. - Acteur distinct qui peut négocier. - Audience locale directement concernée. - Violence d'État meurtrière avant l'épisode. - Pouvoir divisé ou dépendant. - Codage. Chacune est codée 0, ½ ou 1, à poids égal : une grille de lecture, pas un modèle.

Limites - Erreurs corrélées. Les modèles partagent une large part de leurs données d'entraînement. Leurs erreurs peuvent être corrélées, et leur consensus n'est pas une preuve. - Ancrage du dossier. Le dossier a tiré vers le haut certaines notes de registres (sabotage, émeute). - Affirmations ambiguës. Plusieurs se sont révélées ambiguës : « décisif », « durable », individus ou agrégats. - Matrice historique. Elle mêle démocraties et régimes en transition. - France après 1995. Aucune étude causale publiée ne porte sur la violence protestataire en France après 1995 24. - Bilan provisoire. Le bilan du 17 octobre est provisoire.

Annexe

Les données des graphiques

Chaque visualisation, en tableau, pour vérifier, citer ou réutiliser.

Références

Sources

160 références, numérotées dans l’ordre de première citation.

Presse et sondages

  1. Wikipédia, « Manifestations du 17 octobre 2026 » : page d'événement récent, utilisée comme compilation provisoire, signalée comme telle. lien
  2. ICI, direct du 17 octobre 2026 : 110 cortèges, comptages par ville. lien
  3. Elabe pour BFMTV, 16 octobre 2026, « Les Français et les mobilisations sociales », terrain 14‑16 octobre, 1 506 personnes, avant la journée. lien
  4. Le Parisien, direct du 18 octobre 2026, bilan consolidé de l'Intérieur à 19 h 48 : 2 397 interpellations, 997 policiers et gendarmes blessés dont 7 grièvement. lien
  5. Préfecture de la Haute‑Vienne, communiqué « Mouvement contestataire du 17/10 : déroulé des faits » (A20, incendie de l'hôtel de ville à 17 h 56, personnels présents). lien
  6. Ville de Limoges, 18 octobre 2026, rassemblement et marche jusqu'à l'hôtel de ville incendié. lien
  7. Le Temps/AFP, 18 octobre 2026, « La France sidérée après le chaos en marge des manifestations » : main arrachée à Saint‑Étienne, œil perdu à Mulhouse. lien
  8. franceinfo, octobre 2026, « À Mulhouse, l'IGPN saisie après qu'une manifestante mineure a perdu l'usage d'un œil ». lien
  9. franceinfo, octobre 2026, « Une facture financière très élevée : 1 500 commerçants ont été touchés par les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre, selon une fédération de la distribution » (FCD). lien
  10. LCP, octobre 2026, « Commerces ravagés et pillés le 17 octobre : l'État au chevet des entreprises » (le ministre Papin : « 3 000 au moins »). lien
  11. Élysée, 18 octobre 2026, « Adresse aux Français » : « factieux », et distinction entre casseurs et revendications légitimes. lien
  12. France 24, 19 octobre 2026, Lecornu annonce des couvre‑feux localisés et des aides aux commerces. lien
  13. CFDT‑UFETAM, appel à la mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre 2026 (CFDT, CGT, FO, UNSA, FSU). lien
  14. ISSP 2016, « Role of Government V », France (PACTE/ISSP-France, 1 501 réponses) : 81,8 % estiment que les manifestations de rue doivent être autorisées. lien
  15. ISSP 1996, « Role of Government III », module France (n = 1 312) : 63,6 % jugent acceptable une grève nationale de tous les travailleurs contre le gouvernement ; 82,0 % les manifestations. lien
  16. Ipsos-Sopra Steria, « Fractures françaises 2023 » : violence de certains manifestants 7 % justifiée, 28 % compréhensible ; violence contre les forces de l'ordre 6 % justifiée. lien
  17. Elabe pour BFMTV, 4 juillet 2023, « Les Français, la police et les émeutes urbaines suite à la mort de Nahel » : violences contre les bâtiments publics, 93 % condamnent, 6 % non. lien
  18. Odoxa‑Fiducial pour Le Figaro, baromètre sécurité « Les Français et l'activisme écologique », terrain 21‑22 juin 2023, 1 005 personnes, publié le 17 juillet 2023 : sabotages d'infrastructures et d'exploitations agricoles, 13 % approuvent, 85 % désapprouvent ; blocages de routes et d'aéroports, 72 % désapprouvent ; 73 % acceptent les moyens de l'antiterrorisme contre les saboteurs. lien
  19. Elabe pour BFMTV, 25 janvier 2023 : 57 % « comprendraient que les grévistes bloquent le pays ». lien
  20. Elabe pour BFMTV, 14 novembre 2018, « Les Français, le pouvoir d'achat et les taxes sur le carburant » : 73 % d'approbation. lien
  21. Elabe pour BFMTV, 5 décembre 2018, après le 1er décembre : 72 % d'approbation (75 % une semaine plus tôt), 82 % condamnent, 37 % comprennent. lien
  22. Elabe pour BFMTV, 11 décembre 2018, lendemain de l'allocution : 73 % d'approbation. lien
  23. Elabe pour BFMTV, 20 mars 2019, après le 16 mars : 53 % d'approbation, 84 % condamnent les violences. lien
  24. Elabe pour BFMTV, 20 mars 2023 (vague 10) : 65 % d'approbation après le 49.3 ; 58 % soutiennent la grève et le blocage de certains secteurs. lien
  25. Elabe pour BFMTV, 15 mars 2023, « Les Français et la réforme des retraites » (vague 9) : 67 % d'approbation, veille du 49.3. lien
  26. LCP, octobre 2025, « Le PS ne censurera pas le gouvernement ». lien
  27. Solidaires Finances publiques, 2026, « Décalage de la réforme des retraites : le décret d'application est sorti », applicable aux pensions à partir du 1er septembre 2026. lien
  28. France 24, 14 octobre 2025, déclaration de politique générale de Lecornu : suspension de la réforme des retraites, condition du PS. lien
  29. Commission des sondages, notice n° 2337 du sondage Elabe/BFMTV du 16 octobre 2026 (questions sur la violence et sur 2027). lien
  30. CSA pour Europe 1, CNews et JDD, 16 octobre 2026 : 84 % soutiennent les forces de l'ordre (avant la journée). lien
  31. Association des maires de France, déclaration du 18 octobre 2026 : « l'échec de la doctrine d'emploi des forces de l'ordre ». lien
  32. Actu17, 19 octobre 2026, Nuñez admet « une perte de contrôle » et une sous‑estimation d'un facteur 2,5. lien
  33. France 3 Nouvelle‑Aquitaine, octobre 2026, « Mobilisation du 17 octobre : des manifestants mettent le feu à la mairie de Limoges ». lien
  34. Europe 1, 18 octobre 2026, François‑Xavier Bellamy : « il faut dissoudre La France insoumise ». lien
  35. Ipsos‑Le Point, novembre 2005, « Banlieues : l'opinion adresse un satisfecit à Nicolas Sarkozy », +11 points. lien
  36. Boursorama/AFP, octobre 2026, Sophie Binet : la CGT a « condamné immédiatement » les violences. lien
  37. Tendance Ouest, octobre 2026, grève à la raffinerie TotalEnergies de Normandie (Gonfreville‑l'Orcher), 12 % des carburants vendus en France. lien
  38. Fougier, novembre 2023, Mouvements protestataires : le retour de la violence, Fondapol, p. 28 et note 68 (reprise du sondage Odoxa). lien
  39. European Values Study 2017, vague française (terrain mars-août 2018, n = 1 870) : pétition 87,2 %, boycott 62,7 %, manifestation autorisée 72,3 %, grève sauvage 36,4 % ont fait ou pourraient faire. lien
  40. Elabe pour BFMTV, « Climat social : réforme des retraites (vague 12) et méga-bassines », terrain 28-29 mars 2023, n = 1 005 : 80 % condamnent les violences lors des manifestations contre les retraites, 20 % ne les condamnent pas. lien

Données

  1. Stephan & Chenoweth, 2008, « Why Civil Resistance Works: The Strategic Logic of Nonviolent Conflict », International Security 33(1), 323 campagnes 1900‑2006. lien
  2. Base constituée pour cet article : 67 mobilisations françaises contre une décision publique, 1968-2025, dont 65 retenues pour les taux ; double codage séparé, arbitrage des divergences, sources par campagne ; tableau complet en annexe.
  3. Clark & Regan, Mass Mobilization Protest Data, version 5 (1990-2020), Harvard Dataverse : manifestations antigouvernementales de 50 personnes ou plus, réponse de l'État codée. lien
  4. Calcul de la rédaction sur Mass Mobilization v5 : France, réponse conciliante (« accommodation », qui peut se limiter à une rencontre) après 36 des 354 événements sans violence (10,2 %) et 25 des 193 violents (13,0 %) ; régression logistique avec effets fixes d'année, rapport de cotes 1,20 [0,64-2,24]. Association, pas effet causal.
  5. Chenoweth, 2020, « The Future of Nonviolent Resistance », Journal of Democracy 31(3), 565 campagnes closes 1900‑2019. lien
  6. Chenoweth & Shay, 2020, « List of Campaigns in NAVCO 1.3 », Harvard Dataverse, 622 campagnes ; taux par décennie recalculés pour cet article (effectifs non violents inférieurs à 15 avant 1950). lien
  7. Lehoucq, 2016, « Does Nonviolence Work? », Comparative Politics 48(2), cas omis d'Amérique centrale. lien
  8. Anisin, 2020, « Debunking the Myths Behind Nonviolent Civil Resistance », Critical Sociology 46(7‑8). lien
  9. Onken, Shemia‑Goeke & Martin, 2021, « Learning from Criticisms of Civil Resistance », Critical Sociology 47(7‑8). lien
  10. Crabtree & Holbein, 2026, « How Strong Is the Evidence for Peaceful Resistance? Not Very », SSRN 6662618, annoncé comme accepté sous conditions à l'APSR ; les p‑values citées sont à contrôler sur la version finale. lien
  11. Rutar, 2026, « Why "Why Civil Resistance Works" doesn't work », Stats and Society, compte rendu détaillé de Crabtree & Holbein. lien
  12. Chenoweth, avril 2026, erratum : pour trois modèles, tests de significativité conjointe et étoiles relevant d'une « notation incorrecte ». lien
  13. Chenoweth & Stephan, 2026, « Evidence for the Effectiveness of Nonviolent Resistance is Surprisingly Strong », SSRN 7357058. lien
  14. Chenoweth, 2010, « Why Civil Resistance Works », diapositives (Wesleyan, 8 avril 2010), démocratie à cinq ans : 41 % contre 4 %. lien
  15. Dahl, Dahlum, Fjelde, Gjerløw, Knutsen, Strøm‑Sedgwick & Wig, 2025, « Introducing the Opposition Movements and Groups (OMG) Dataset, 1789‑2019 », Comparative Political Studies. lien
  16. Levitsky & Way, 2022, Revolution and Dictatorship: The Violent Origins of Durable Authoritarianism, Princeton UP ; recension dans Studies in Comparative International Development, 2026. lien
  17. ACLED, 2020, « Demonstrations and Political Violence in America: New Data for Summer 2020 », part d'événements sans violence (pas une estimation d'effet). lien
  18. Chenoweth & Schock, 2015, « Do Contemporaneous Armed Challenges Affect the Outcomes of Mass Nonviolent Campaigns? », Mobilization 20(4) : 106 campagnes, participation d'environ 50 000 avec flanc violent contre 100 000 sans (tableau 4) ; écart de succès non significatif. lien
  19. Chenoweth & Cebul, 2026, « Why Gen‑Z Is Rising », Journal of Democracy 37(1). lien
  20. Lescurieux, 2025, « Les grèves en 2023 », Dares Résultats n° 6, janvier 2025 ; champ : privé non agricole, entreprises de 10 salariés et plus, toutes grèves de l'année. lien
  21. Fiaschetti, 2026, « Les grèves en 2024 », Dares Résultats n° 6, 5 février 2026, tableau 1 par taille d'entreprise. lien
  22. DREES, 2022, Études et résultats n° 1225 : bonus individuel de la prime d'activité porté de 70 à 160 euros en 2019, 4,3 millions de foyers bénéficiaires en décembre 2019. lien
  23. Chenoweth & Kang, 2026, « The Major Episodes of Contention (MEC) data project: an introduction », Journal of Peace Research 63(4) : 2 255 épisodes réformistes de 1955 à 2018 ; 17 % de succès complets, revendications satisfaites au plus tard un an après la fin de l'épisode. lien
  24. Hamann, Johnston & Kelly, 2013, « Striking Concessions from Governments: Explaining the Success of General Strikes in Western Europe, 1980–2009 », Comparative Politics 46(1) : 75 grèves générales ; modifications des réformes, parfois mineures, dans plus de 40 % des cas ; analyse observationnelle. lien
  25. Abrahms, 2006, « Why Terrorism Does Not Work », International Security 31(2) : 3 objectifs politiques atteints sur 42 étudiés, pour 28 organisations terroristes désignées par les États-Unis. lien
  26. Jones & Libicki, 2008, How Terrorist Groups End, RAND : parmi 268 groupes terroristes ayant cessé leurs activités entre 1968 et 2006, 10 % des fins classées comme victoires. lien

Études causales

  1. Huet‑Vaughn, « Quiet Riot: The Causal Effect of Protest Violence », document de travail SSRN (2013, révisé 2020, non publié), manifestations françaises 1980‑1995. lien
  2. Muñoz & Anduiza, 2019, « "If a fight starts, watch the crowd": The effect of violence on popular support for social movements », Journal of Peace Research 56(4), émeutes de Gràcia, Barcelone, mai 2016. lien
  3. Wasow, 2020, « Agenda Seeding: How 1960s Black Protests Moved Elites, Public Opinion and Voting », American Political Science Review 114(3) ; fourchettes selon les spécifications, simulations contrefactuelles. lien
  4. Madestam, Shoag, Veuger & Yanagizawa‑Drott, 2013, « Do Political Protests Matter? Evidence from the Tea Party Movement », Quarterly Journal of Economics 128(4). lien
  5. Klein Teeselink & Melios, 2025, « Weather to Protest: The Effect of Black Lives Matter Protests on the 2020 Presidential Election », Political Behavior 47(4). lien
  6. Simpson, Willer & Feinberg, 2022, « Radical flanks of social movements can increase support for moderate factions », PNAS Nexus 1(3). lien
  7. Dasch, Bellm, Shuman & van Zomeren, 2024, réplication de l'effet de flanc radical, Global Environmental Psychology. lien
  8. Ostarek, Rogers, Ozden & Simpson, 2024, « Radical climate protests linked to increases in public support for moderate organizations », Nature Sustainability 7. lien
  9. Feinberg, Willer & Kovacheff, 2020, « The activist's dilemma: Extreme protest actions reduce popular support for social movements », Journal of Personality and Social Psychology 119(5). lien
  10. Enos, Kaufman & Sands, 2019, « Can Violent Protest Change Local Policy Support? Evidence from the Aftermath of the 1992 Los Angeles Riot », APSR 113(4) : +4,9 points [IC95 3,7 ; 6,1]. lien
  11. Leon‑Ablan & John, 2024, « How urban riots influence political behavior: vote choices after the 2011 London riots », Political Science Research and Methods 12(1). lien
  12. Mellon, 2025, « Rain, Rain, Go Away: 194 Potential Exclusion‑Restriction Violations for Studies Using Weather as an Instrumental Variable », American Journal of Political Science 69(3). lien
  13. Brady, Wills, Jost, Tucker & Van Bavel, 2017, « Emotion shapes the diffusion of moralized content in social networks », PNAS 114(28), 563 312 tweets. lien
  14. Reicher & Stott, 2011, Mad Mobs and Englishmen? Myths and Realities of the 2011 Riots, Constable & Robinson ; modèle ESIM de la foule. lien
  15. Vandeweerdt, 2025, « The Activist's Trade‑Off: Climate Disruption Buys Salience at a Cost », Political Behavior 48(3) : les blocages non violents augmentent la saillance mais réduisent légèrement le soutien à la demande des militants. lien

Histoire

  1. Wikipédia, « Déroulement du mouvement des Gilets jaunes », compilation acte par acte des chiffres du ministère de l'Intérieur (source de compilation, signalée comme telle). lien
  2. Euronews/AP, 2 décembre 2018, bilan officiel du 1er décembre à Paris : 133 blessés et 412 interpellations. lien
  3. INA, « 2018 : l'Arc de Triomphe saccagé lors d'un samedi des Gilets jaunes ». lien
  4. Vie publique, déclaration d'Édouard Philippe du 4 décembre 2018 : moratoire de six mois sur la hausse des taxes carburants. lien
  5. Assemblée nationale, compte rendu de la première séance du 5 décembre 2018 (article 50‑1), abandon de la hausse pour 2019. lien
  6. franceinfo, décembre 2018, « Comment le gouvernement compte‑t‑il financer les mesures ? », environ 10 Md€. lien
  7. ICI (France Bleu), novembre 2019, « Un an de Gilets jaunes : les mesures d'urgence annoncées par Emmanuel Macron ont‑elles été appliquées ? ». lien
  8. JDD, janvier 2019, « Les chiffres de la police et des Gilets jaunes disent la même chose : la mobilisation baisse », 84 000 les 12 et 19 janvier selon l'Intérieur. lien
  9. Journal de l'économie, mars 2023, « Réforme des retraites : nouveau record de mobilisation le 7 mars 2023 », 1,28 million selon l'Intérieur. lien
  10. S&P Global Commodity Insights, 17 mars 2023, « France's two biggest refineries halt operations as pension protests escalate ». lien
  11. Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023 : 49.3 le 16 mars, motions de censure rejetées le 20 mars. lien
  12. Conseil constitutionnel, décision n° 2023‑849 DC du 14 avril 2023 : loi validée pour l'essentiel, six séries de cavaliers sociaux censurées. lien
  13. Légifrance, loi n° 2023‑270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, JO du 15 avril. lien
  14. franceinfo, 23 mars 2023, bilan de la journée (441 policiers blessés, 457 interpellations, 903 feux à Paris) et sondage Ifop (62 % pour un durcissement). lien
  15. En Envor, « 26 octobre 2013 : les Bonnets rouges à l'assaut du portique écotaxe de Pont‑de‑Buis », suspension annoncée dans les jours suivants. lien
  16. U.S. House of Representatives, History, « The Fair Housing Act of 1968 », vote du 10 avril 1968. lien
  17. franceinfo, 2017, « Écotaxe : la Cour des comptes dénonce l'abandon du projet », 958 M€ d'indemnités, 9,83 Md€ de recettes perdues. lien
  18. franceinfo, 13 décembre 2013, « Avec le Pacte d'avenir pour la Bretagne, Ayrault veut sortir de la crise par le haut », près de 2 Md€ ; pacte annoncé le 16 octobre 2013. lien
  19. INA, « 25‑27 mai 1968 : les accords de Grenelle », SMIG +35 %. lien
  20. Légifrance, loi n° 2006‑457 du 21 avril 2006, qui remplace le contrat première embauche (art. 8 de la loi du 31 mars 2006). lien
  21. JDD, 2023, « Retraites : l'année 1995 reste‑t‑elle la référence des syndicats ? », trois semaines de grève, retrait du volet retraites le 15 décembre 1995. lien
  22. Légifrance, loi n° 2010‑1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites. lien
  23. Assemblée nationale, dossier législatif de la loi « Travail » (loi n° 2016‑1088 du 8 août 2016), trois engagements de responsabilité (49.3). lien
  24. Assemblée nationale, dossier législatif « Système universel de retraite », 49.3 du 29 février 2020 ; réforme suspendue le 16 mars 2020 et jamais promulguée (OFCE, Policy brief 83, 2021). lien
  25. Café pédagogique, 5 avril 2006, « CPE : le printemps des anti‑CPE », 60 universités bloquées ou perturbées, 559 lycées. lien
  26. Sirot, 2002, La grève en France. Une histoire sociale (XIXe‑XXe siècle), Odile Jacob.
  27. Assemblée nationale, réponse à question écrite n° 99278 (14e législature) : près de 1 800 interpellations et plus de 550 policiers blessés, mars‑juin 2016. lien
  28. Institut d'histoire sociale des cheminots CGT, livret d'exposition « 1920 » : grève de mai 1920, échec à interrompre la circulation, environ 18 000 révoqués ou écartés. lien
  29. Maitron, « 1920 : grévistes et révoqués » (grève du 1er au 28 mai 1920, 18 000 révocations) ; cf. Kriegel, 1988, La grève des cheminots, 1920, Armand Colin. lien
  30. Fontaine & Vigna, 2014, « La grève des mineurs de l'automne 1948 en France », Vingtième Siècle. Revue d'histoire n° 121. lien
  31. CNRS Le journal, « Quand 1936 inventait la grève générale », occupations et accords Matignon. lien
  32. Assemblée nationale, « Les élections législatives sous la Ve République », juin 1968 : 354 sièges pour la majorité présidentielle. lien
  33. Ville de Gdańsk, communiqué du 11 août 2022 : grève du chantier commencée le 14 août 1980, accord signé le 31 août. lien
  34. Polish History (Musée d'histoire de Pologne), « We Want Solidarity » : la vague de grèves de l'été 1980, le comité de grève inter-entreprises de Gdańsk mené par Lech Wałęsa et les accords d'août. lien
  35. Polish History (Musée d'histoire de Pologne), « The long route to Poland's Round Table agreement » : dix millions d'adhérents en 1981, état de guerre, table ronde de 1989. lien
  36. Koo, 2001, Korean Workers: The Culture and Politics of Class Formation, Cornell UP, chap. 4‑6 (réseaux et luttes antérieurs à 1987) et chap. 7, p. 153‑187 (la vague de 1987). lien
  37. Cardon & Heurtin, 1990, « "Tenir les rangs". Les services d'encadrement des manifestations ouvrières (1909‑1936) », dans Favre (dir.), La Manifestation, Presses de la FNSP, p. 123‑155.
  38. François Audigier, *Les Prétoriens du Général*, Presses universitaires de Rennes, 2018, introduction, p. 11 : la datation de 1909 par Cardon et Heurtin est discutée, la Ligue des patriotes ayant inventé plus tôt le service d'ordre militant avec les « commissaires » de Déroulède. lien
  39. CNews, 15 novembre 2019, « Mobilisation, blessures, arrestations : un an de Gilets jaunes en chiffres » (bilan de l'Intérieur au 4 octobre 2019 : 2 495 manifestants et 1 944 membres des forces de l'ordre blessés). lien
  40. Wikipédia, « Mouvement des Gilets jaunes », infobox et notes : 25 800 blessés, estimation de l'Observatoire des street‑medics arrêtée au 14 mars 2020 (source de compilation, signalée comme telle). lien

Droit

  1. Tribunal administratif de Rouen, ordonnance n° 2301355 du 6 avril 2023, suspension de la réquisition à Gonfreville‑l'Orcher. lien
  2. Conseil d'État, ordonnance du 27 octobre 2010, n° 343966, réquisition du dépôt de Gargenville. lien
  3. Constitution du 4 octobre 1958, article 49 (alinéa 3 : adoption sans vote sauf motion de censure), Légifrance. lien
  4. Constitution du 4 octobre 1958, article 47‑1, version en vigueur : projets de loi de financement de la sécurité sociale, délais de 20, 15 et 50 jours, au terme desquels les dispositions peuvent être mises en œuvre par ordonnance, Légifrance. lien
  5. Défenseur des droits, décembre 2017, rapport sur le maintien de l'ordre, recommandation de retirer le LBD des opérations de maintien de l'ordre. lien
  6. Conseil d'État, 10 juin 2021, n° 444849 : annulation partielle du schéma national du maintien de l'ordre (encerclement, journalistes). lien
  7. Code du travail, art. L2512‑3 : interdiction des arrêts par échelonnement successif ou roulement concerté dans les services publics (préavis : L2512‑2). lien
  8. Cour de cassation, chambre criminelle, 14 janvier 2026, n° 24‑83.632 : rejet du pourvoi contre la relaxe des sept appelants (blocage de l'A6, 30 minutes) ; contrôle concret de proportionnalité quand l'atteinte est invoquée, pas de sauf‑conduit. lien

Sud global

  1. Human Rights Watch, 12 février 2026, « Nepal: Publish Reports on Violent Crackdowns on Protests », 76 morts les 8‑9 septembre 2025. lien
  2. NPR, 26 juin 2024, « Kenya's president withdraws tax bill after deadly protests ». lien
  3. KDRTV, 18 juin 2026, « National Assembly passes Finance Bill 2026 with 122 votes in favour, 40 against ». lien
  4. Kenyans.co.ke, juin 2026, promulgation de la loi de finances 2026 le 23 juin ; taxes retirées en commission. lien
  5. Al Jazeera, 25 juin 2026, « Kenya passes controversial bill two years after deadly Gen Z protests ». lien
  6. Biblioteca del Congreso Nacional de Chile, bulletin Servel du 18 décembre 2023 : « En contra » 55,76 %, « A favor » 44,24 %. lien
  7. France 24, 14 décembre 2025, « Hard‑right candidate José Antonio Kast wins Chile presidential election », 58,17 %. lien
  8. Human Rights Watch, 3 septembre 2025, « Indonesia: End Crackdown on Protesters, Arbitrary Detention ». lien
  9. Union interparlementaire, Parline, Népal, élections du 5 mars 2026 : RSP 182 sièges sur 275. lien
  10. Union interparlementaire, Parline, Bangladesh, élections du 12 février 2026 : majorité du BNP, 6 sièges pour le parti issu du soulèvement. lien
  11. Amnesty International, mars 2026, « From Gen Z revolt to junta control: Madagascar's promise of change is slipping away ». lien
  12. Morocco World News, octobre 2025, « GenZ212: Morocco tries 2,480 protesters ». lien
  13. Citizen Digital, juillet 2024, KNCHR : 60 morts, 66 disparus pendant les manifestations contre la loi de finances. lien
  14. Human Rights Watch, 9 septembre 2025, « Nepal: Police Fire on "Gen Z" Protest » : au moins 19 morts et plus de 300 blessés le 8 septembre 2025. lien
  15. Bibliothèque du Congrès national du Chili, « Acuerdo por la Paz Social y la Nueva Constitución », 15 novembre 2019. lien
  16. Présidence indonésienne (KSP), communiqué du 31 août 2025 : annonce du retrait de certaines indemnités des députés. lien

Stratégie et organisation

  1. Béroud, 2025, entretien, Politis : 1995, dernier mouvement mêlant manifestations massives et grèves reconductibles ; la « grève par procuration ». lien
  2. JDD, mars 2023, « Retraites : les caisses de grève battent des records », environ 2,5 M€ au 25 mars. lien
  3. franceinfo, mars 2023, caisse de grève « Solidarité interprofessionnelle » : 1,7 M€ à la mi‑mars. lien
  4. Fillieule & Jobard, 2020, Politiques du désordre. La police des manifestations en France, Seuil. lien
  5. Chadwick, 2017, The Hybrid Media System: Politics and Power, 2e éd., Oxford UP. lien
  6. Jäger, 2026, Hyperpolitics: Extreme Politicization Without Political Consequences, Verso (éd. allemande Suhrkamp, 2023). lien

Médias et opinion

  1. RTL/AFP, 17 octobre 2026, « Le siège de CNews ciblé par des manifestants, 21 interpellations ». lien
  2. Ozap, 19 octobre 2026, audience de l'allocution présidentielle du 18 octobre : 16,7 millions de téléspectateurs. lien
  3. Arcom, rapport annuel 2024, temps passé par visiteur de 12‑17 ans sur TikTok (juin 2024). lien

Théorie et philosophie

  1. Butler, 2020, The Force of Nonviolence, Verso, la « guerre sémantique » autour du mot violence. lien

Panel

  1. Dossier factuel commun remis aux sept modèles au tour 1 (rapport de recherche en cinq volets, séries françaises et mondiales vérifiées, liste d'affirmations à ne pas reprendre), dont une grille de pondération des registres ; deux erreurs relevées depuis par l'arbitre (13 %, 25 800).
  2. Panel de sept modèles, tour 0 (spontané) : mêmes 26 affirmations notées de −3 à +3, neuf registres notés de 0 à 10, dix questions ouvertes, proposition et verdict ; connaissances et recherche web, sans dossier, 19 octobre 2026.
  3. Panel de sept modèles, tour 1 (informé) : mêmes questions, avec le dossier factuel commun ; propositions (220 mots au plus) et verdicts, 19 octobre 2026.
  4. Panel de sept modèles, tour 2 (débat) : lecture critique des réponses anonymisées des six autres, quatre désaccords, erreurs signalées, notes révisées et verdict, 19 octobre 2026.
  5. Arbitrage factuel neutre (modèle extérieur au panel, recherche web, sources primaires) : 45 accusations d'erreurs croisées tranchées (17 fondées, 9 partielles, 19 infondées), fiabilité par modèle, faits nouveaux vérifiés et corrections du dossier, 19 octobre 2026.
Méthode

Qui a fait quoi

Claude Opus 5.5 (hors panel)Coordination, questionnaire, dossier factuel, code des visualisations ; agents d’arbitrage neutre et de rédaction
GPT‑6.1 SolPanéliste : mêmes 26 affirmations et 10 questions, en trois tours ; relecture de l’article
Claude Fable 5.1Panéliste : mêmes questions, trois tours ; relecture de l’article ; collecte et vérification des séries de données
Gemini 4 ArgonPanéliste : mêmes questions, trois tours ; relecture de l’article
Grok 4.6Panéliste : mêmes questions, trois tours ; relecture de l’article
Qwen 3.8 MaxPanéliste : mêmes questions, trois tours ; relecture de l’article
Muse Spark 1.3Panéliste : mêmes questions, trois tours ; relecture de l’article
DeepSeek v4.1 FlashPanéliste : mêmes questions, trois tours ; relecture de l’article

Les sept panélistes ont reçu exactement les mêmes questions, sans rôle assigné : sans dossier (tour 0), avec un dossier vérifié (tour 1), puis après lecture critique des autres (tour 2). Leurs accusations d’erreurs mutuelles ont été tranchées par un arbitre extérieur au panel ; l’article final a été relu par les sept.